vendredi 25 novembre 2011

Et avant ça ?

Je reprends donc le cours de mon exposé, inopinément stoppé par vos cris outragés (cf « Pourquoi je coure ? »).

Lorsque j’ai essayé de courir pour la première fois en 2009, il y a bientôt trois ans, je roulais environ cinquante kilomètres tous les dimanches et je roulais assez vite. J’ai fini ma saison par soixante-dix kilomètres à vingt à l’heure de moyenne.

Ma progression en course a suivi celle à vélo et je suis passé entre le mois de mai et celui d’octobre de deux à huit kilomètres (en une heure ce qui était l’objectif que je m’étais secrètement fixé). Distance que je n’ai parcouru qu’une seule fois car juste après je me suis bêtement, comment pourrait-il en être autrement, cassé un bras ce qui a stoppé net mon année sportive.

L’année suivante, je me suis concentré sur le vélo avec déjà pas mal de difficultés car je m’étais engagé pour un raid (les Roch’s des monts d’Arrée) de cent kilomètres qui avait lieu en septembre avec deux beaux frères. 2010 fut donc nulle, c'est-à-dire zéro kilomètre en ce qui concerne la course.

En 2011, je décidais de reprendre la course en parallèle du vélo mais le cours des choses a fait que je n’ai réussi à pratiquer ni l’un ni l’autre, ou presque, pendant tout le premier semestre. Pas de disponibilités pour de longues sorties VTT et au printemps j’ai essayé de courir mais j’ai rapidement ressenti des douleurs dans les genoux qui persistaient même lors de la marche. Je vais détailler les problèmes physiques que j’ai rencontré dans mes différentes tentatives dans un article spécifique « Mes bobos ! ».

Ce n’est qu’en août 2011 que j’ai recommencé à courir. A ce moment là je n’étais plus capable de rouler et encore difficilement qu’une trentaine de kilomètres ce qui pour moi correspondait à un retour en arrière de cinq voire six ans. Vous vous insurgerez peut-être encore du fait que je ne parte pas de zéro en terme de condition physique mais je peux vous assurer qu’hormis la première distance parcourue à pied qui est forcément un peu plus longue que pour une personne ne pratiquant aucun sport, les principes et la progression sont les mêmes pour un débutant et un sportif occasionnel ou amateur.

Donc en août je suis allé courir un peu, en fin de journée. Je partais une grosse demi-heure et au retour j’avais parcouru quatre kilomètres. Pas si mal me direz vous, sauf que j’étais totalement asphyxié avec le sang qui me tapait aux tempes et le cœur que je sentais battre à tout rompre, pas terrible en fait. Bien décidé à ne pas lâcher le morceau et à progresser coûte que coûte, j’ai décidé de m’accrocher et j’ai continué à courir à la rentrée, une fois par semaine, le mercredi soir.

Je dépose ma fille à son cours de danse et je vais faire le tour d’un petit étang qui se trouve juste à côté de la salle. Il fait un kilomètre de périmètre ce qui est pratique pour mesurer son effort. Deux bémols à ce « spot » cependant, le premier, évident, le chemin qui le ceinture est aux trois quarts en enrobé ce qui favorise les chocs dans les articulations, le deuxième que je découvrirai plus tard, la longueur, qui donne une impression de facilité trompeuse sur les premiers tours ce qui peut pousser à accélérer alors qu’on travaille en endurance ce qui n’est pas bon du tout. Je reviendrai sur cet aspect dans un autre article « Je ne sais pas courir mais je me soigne… ».

J’ai donc continué mes efforts et j’ai réussi à grappiller un kilomètre supplémentaire. Fin septembre j’ai essayé d’aller chercher mille mètres de mieux mais je me suis heurté à un mur. Comme indiqué plus haut, la facilité trompeuse des premiers tours me faisait inconsciemment accélérer et m’asphyxier dans la dernière ligne droite. Lorsque j’ai pris une semaine de congés à la Toussaint je ne pouvais pas passer le cap des cinq kilomètres ce qui était pourtant mon objectif officieux, quatre jusqu’à fin août, cinq jusqu’à fin septembre, six jusqu’à fin octobre, sept jusqu’à fin novembre et huit à la fin décembre avec comme vœux pieux pour début 2012 de passer la barre au combien symbolique des dix.

J’étais en vacances avec ma fille dont les cours de danses étaient arrêtés. J’ai profité de ce temps libre pour surfer un peu sur la toile et chercher des infos sur la façon de progresser, des plans d’entraînement, des témoignages, etc. Dans toutes les vidéos publiées par les uns et les autres, amateurs ou professionnels, j’ai découvert une discipline que je ne connaissais pas, le trail, course nature pour certains, verte pour d’autres, le fond est le même, exit le bitume et ses longs rubans bleus insipides, place à Dame Nature. J’ai eu envie d’essayer car cela me correspond mieux, j’y retrouve l’esprit du VTT et ses valeurs.

Le mercredi après midi, j’ai donc prévenu que j’allais courir autour d’un autre étang que je connaissais pour y avoir fait quelques promenades dominicales en famille. Quasi exclusivement entouré de chemins et monotrace en terre et herbe, cerné d’arbres et/ou de champs, légèrement vallonné sur une portion et trois kilomètres tout pile, idéal pour une tentative sur six kilomètres. Ma fille m’a alors demandé si elle pouvait venir courir avec moi. Comment lui dire non, même si je savais que je devrais me contenter un petit tour avec elle. Qu’à cela ne tienne, nous sommes parti et après un bon échauffement nous avons fait notre petit jogging, à son rythme, c'est-à-dire lent, voire très lent à mes yeux. A la fin, je n’étais pas plus fatigué que si j’avais fait un seul tour du petit étang. Logique me direz vous, oui, mais cela m’a quand même interpelé et en continuant mes consultations sur internet, j’ai découvert plusieurs pages de conseil qui recommandait de courir lentement, à tel ou tel pourcentage de sa FCM ou de sa VMA, pardon de cette trivialité, Fréquence Cardiaque Maximum ou Vitesse Maximale Aérobie. D’accord mais moi je me disais que si je courrais doucement je ne progresserai pas, faisant ainsi un parallèle avec ma pratique du VTT.

Le dimanche matin suivant, je suis reparti courir autour de mon étang de trois kilomètres, bien décidé à tester un petit rythme. Un tour toujours en essayant de se caler sur le rythme que j’avais avec ma fille, aucun signe de fatigue, deux tours dans les mêmes conditions, toujours pas de fatigue ou presque et un troisième tour. Je venais de passer d’un entraînement éprouvant de cinq kilomètres à un footing de plaisir de neuf kilomètres, je ne pouvais pas m’empêcher de sourire en faisant mes étirements et en rentrant chez moi. Certes la vitesse n’était pas la même mais elle n’était pas ridicule, à mon niveau bien sûr.

Fort de cette expérience j’ai décidé d’investir dans un cardio-fréquencemètre (voir l’article « Mon équipement. » pour plus d’informations) et de faire quelques tests pour obtenir des valeurs indispensables pour la bonne utilisation de cet appareil. Vous trouverez ces valeurs, leur signification et comment je les ai obtenu dans l’article « Mes mensurations. ».

Dimanche dernier (on est presque arrivé à la fin rassurez vous), je suis retourné courir, muni de mon cardio, c’est son p’tit nom, et j’ai couru douze kilomètres. C’est ma limite actuelle car je sens qu’au-delà je commencerai à tirer sur la corde.

La conclusion de cet historique c’est que courir sans méthode risque fort, au mieux, d’empêcher de progresser, au pire, de se blesser et/ou de se dégoûter. Je vous invite donc à lire les conseils que je me suis auto-appliqué dans l’article « Je ne sais pas courir mais je me soigne… », à consulter un maximum d’information sur le web et si vous pouvez à vous inscrire dans un club doté d’un bon entraîneur qui saura vous prodiguer tous les conseils dont vous avez besoin.

Pour ce qui est de la suite de mes aventures et je l’espère mes progrès, cela sera à suivre sur de nouvelles pages hebdomadaires qui me serviront de carnet d’entraînement.

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